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Esprit du ride

Le ski bum: in the mood for space
par : Antoine

Contrairement à sa traduction littérale, le bum n'est pas un clochard mais plutôt un vagabond.
Ni infirme, ni débile, ni chômeur forcé, ni paresseux, il vagabonde l'espace en quête de glisse et s'escapade chaque saison au gré des rencontres ou de la force du vent. Certains se sédentarisent plus ou moins, d'autres continuent à pied ou en camion.
Ce sont pour la plupart des occidentaux qui font du blé l'été pour se payer un hiver tout de glisse vêtu. Il y en a de toutes espèces : jeunes avides de se voir sur un magazine, vieux loups des pistes, bourgeois, trimeurs.
Pour tous, seule compte la glisse, son univers et l'espoir de ne pas devenir un gros con.

L'essence du ride n'est pas définissable. Le goût des sensations, l'effort physique, le sourire d'un partenaire. peu importe le quantifiable du bonheur ou de la douleur, personne ne saurait s'estimer détenteur d'une et unique vérité.
Le rider qui ne songe qu'à la vierge et au THC, ou le jeune commercial cravateux qui prend son 4X4 pour venir faire le mariole sur les pistes, chacun son style et no comment.
Le bum ne détient aucun secret. Il est poétique et s'éloigne du prosaïsme de la vie quotidienne. Sa muse a jeté son dévolu sur les sommets et sa prose s'exprime en pratique.
C'est un état d'esprit, un choix.
Il tente de se dégager du tumulte des valeurs pour s'engager vers une autre raison de vivre. Le vagabonds s'éloigne du monde social pour embrasser la passion d'être et tenter d'échapper à la passion d'avoir.

Depuis la révolution glisse, les bums font partie du paysage, mais leur nombre à explosé depuis l'avènement de la culture snow. A l'instar des surfers d'eau, les riders deviennent égoïstes de leur passion et n'hésitent pas à renoncer à la matérialité de la société moderne. Bruno Compagnet, le pyrénéen à poils longs, n'en revient pas de pouvoir vivre sa passion tout au long de l'année. C'est un cas spécial puisqu'il est sponsorisé et sert, à fortiori, les intérêts de la société de consommation. La perte de vitesse du racing et l'engouement pour le freeride a obligé l'industrie à chercher de nouvelles icônes. Bruno en a profité.

Liberté et sponsoring, la contradiction n'est plus évidente. Aujourd'hui, les bums les plus sauvages peuvent recevoir des paires de skis sans avoir à faire des salamalecs. Certains effleurent même l'aspect commercial et exploitent la mythologie du bum pour obtenir des fonds. Le site bumtribe (www.bumtribe.com) regroupe des passionnés de sports alternatifs qui n'hésitent pas à démarcher pour construire leurs projets. Les marques sont fières d'équiper des skieurs undergrounds. Les bums symbolisent la liberté et les marques ont besoin d'images, pas nécessaire de sortir d'HEC pour voir les cartes à jouer. Mais le bum est un farouche, pas un buisness rider. Il ne veut pas vieillir vite et rejette la mascarade. La compromission a ses limites et il est rare de les voir renifler dans les salons de glisse. Il faudra venir le chercher et, surtout, ne pas le brusquer. C'est le genre de bestiaux qui peut vite montrer les crocs.

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starfouine   2003-01-27 10:36:47
merci man pour cet article. Les skis bumtribe arrivent cette saison...